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Une main tient une grande loupe au-dessus d'une feuille vierge à lignes, à côté d'un crayon à gomme usée, avec un ordinateur flou et des bulles de discussion vides, bleu lavande et menthe, en arrière-plan.

Écrire trop bien rend suspect : ce que dit notre sondage

L’essentiel
Oui, écrire trop bien peut éveiller les soupçons, et notre sondage de septembre 2026 le mesure auprès de 4 202 élèves, étudiants, enseignants et formateurs.
  • 47 % ont déjà craint qu’un texte totalement personnel passe pour une IA (61 % chez les élèves et étudiants).
  • 51 % ont déjà passé l’un de leurs textes dans un détecteur avant de le rendre ou de le publier (65 % chez les élèves et étudiants).
  • 14 % des élèves et étudiants ont déjà ajouté des fautes mineures à leur propre texte pour le rendre moins parfait.
  • 79 % disent que l’IA a changé leur façon de juger si un texte est humain.

Il est presque minuit. Vous relisez le devoir que vous venez de finir, celui que vous avez écrit seul, et il vous semble trop propre. Vous vous demandez si le correcteur ne va pas croire qu’une IA l’a écrit. Vous n’êtes pas seul : 61 % des élèves et étudiants interrogés ont déjà eu cette crainte, et 14 % ont déjà glissé des fautes dans leur texte pour qu’il paraisse moins parfait.

14 %

À peu près un élève ou étudiant sur sept a déjà ajouté volontairement des fautes mineures à son propre texte. Le sondage mesure un geste déjà fait, pas une habitude.

Sondage Nation.fr, septembre 2026

Ils en parlent

Deux médias ont repris le sondage à la fin de septembre.

  • Le Parisien Étudiant, « “Trop lisse ou trop propre” : comment les étudiants trichent avec leur propre style pour échapper aux détecteurs d’IA », 29 septembre 2026.
  • Les Echos, « Des fautes en plus, du vocabulaire en moins… Ces étudiants qui dégradent leurs copies de peur d’être accusés de triche à l’IA », 30 septembre 2026 (article de Thomas Pontiroli, réservé aux abonnés).

Qui craint qu’un texte personnel passe pour une IA ?

Relire sa copie, la trouver trop propre, puis se demander ce qu’en pensera le correcteur : beaucoup connaissent ce doute. Plus de six élèves et étudiants sur dix ont déjà eu cette crainte. Chez les enseignants et formateurs, la part est plus faible : 34 %.

47 %

Ensemble : ont déjà craint qu’un texte personnel passe pour une IA.

Sondage Nation.fr, septembre 2026

61 %

Élèves et étudiants : la même crainte.

Sondage Nation.fr, septembre 2026

34 %

Enseignants et formateurs : la même crainte.

Sondage Nation.fr, septembre 2026

Ce qui fait paraître un texte écrit par une IA

Une copie sans aspérités, sans détour ni avis personnel : c’est là que le doute commence. Pour les élèves et étudiants, le premier signe est un style trop lisse, trop propre. Pour les enseignants et formateurs, ce sont plutôt des phrases trop bien construites ou trop uniformes.

Trait de style Ensemble Élèves et étudiants Enseignants et formateurs
Un style trop lisse, trop propre 49 % 55 % 43 %
Des phrases trop bien construites ou trop uniformes 45 % 42 % 48 %
Un manque de personnalité ou d’aspérités 39 % 35 % 43 %
Un vocabulaire trop soutenu ou trop « parfait » 27 % 31 % 23 %
Des tournures qu’on retrouve partout 24 % 28 % 20 %

Sondage Nation.fr, septembre 2026. Deux réponses au plus par personne.

Notre guide pour repérer les signes d’un texte écrit par une IA explique ces traits, et pourquoi aucun détecteur n’est infaillible.

Le nouveau réflexe : passer son texte dans un détecteur

Avant de rendre un devoir, on le passe parfois dans un détecteur pour voir s’il paraît suspect. Au moins une fois, 65 % des élèves et étudiants l’ont fait, 51 % de l’ensemble et 37 % des enseignants et formateurs.

Pourquoi ? Chacun pouvait citer jusqu’à trois raisons. Pour l’ensemble, les quatre plus citées sont :

  • éviter une accusation de triche ou de plagiat : 39 % (50 % chez les élèves et étudiants) ;
  • s’assurer qu’un professeur ou un correcteur ne croira pas qu’une IA a été utilisée : 38 % (54 % chez les élèves et étudiants) ;
  • vérifier simplement si son texte « fait IA » : 33 % ;
  • se rassurer avant de rendre ou d’envoyer son texte : 31 %.

Emmanuel Françoise, le fondateur de Nation.fr, a été surpris par ce que viennent chercher les utilisateurs de Victor.

« Ils ne veulent pas tricher, ils veulent savoir si leur propre écriture risque de passer pour celle d’une IA. […] Autrement dit, la peur de paraître artificiel a pris le pas sur la peur d’être accusé. »

Emmanuel Françoise, le fondateur de Nation.fr, septembre 2026

Sur plusieurs milliers d’utilisations de Victor, près d’une conversation active sur trois (30 %) relève de l’école, de l’université ou de la formation. Parmi ces échanges, 38 % expriment une inquiétude liée à la détection ou au regard d’un professeur, et 9 % seulement évoquent explicitement la triche, le plagiat ou une sanction.

Victor

Détecteur de texte IA

« Je lis le style d’un texte, pas la personne qui l’a écrit. Je donne un niveau, faible, modéré ou élevé, et je montre les passages qui sonnent artificiels. Ce que je dis est une indication, jamais une preuve. »

Profil du coach Discuter avec Victor

Rendre son texte moins parfait, pour paraître humain

Certains retouchent leur propre texte pour qu’il paraisse moins lisse, quitte à y glisser une faute. Voici quatre de ces gestes, du plus cité au moins cité.

Élèves et étudiants : 31 %

Simplifier certaines phrases

Chez les enseignants et formateurs : 19 %.

Élèves et étudiants : 24 %

Reformuler les tournures trop typiques d’une IA

Chez les enseignants et formateurs : 12 %.

Élèves et étudiants : 20 %

Rendre son style plus spontané

Chez les enseignants et formateurs : 10 %.

Élèves et étudiants : 14 %

Ajouter de petites fautes

Chez les enseignants et formateurs : 4 %.

Pour l’ensemble, 25 % ont déjà simplifié certaines phrases dans ce but.

Comment l’IA a changé la façon de juger un texte

Lire une copie a changé, et beaucoup le disent. Au total, 79 % disent que l’IA a changé leur façon de juger si un texte est humain : 38 % se disent beaucoup plus méfiants, et 41 % un peu. Chez les enseignants et formateurs, 42 % se disent beaucoup plus méfiants. Chez les élèves et étudiants, la part est de 34 %.

L’IA est déjà là, dans les travaux écrits : pour leurs devoirs, études, rapports ou mémoires, 92 % des élèves et étudiants l’utilisent au moins rarement, et 74 % des enseignants et formateurs. Chez les élèves et étudiants, 43 % y recourent très souvent, contre 19 % des enseignants et formateurs.

Pour un usage qui aide à apprendre, notre liste de demandes pour étudiants propose des exemples à reprendre.

« C’est peut-être le vrai bouleversement. L’IA ne change pas seulement la manière dont nous rédigeons : elle change également la manière dont nous jugeons un texte et s’il est vraiment humain. Écrire trop bien, trop proprement, trop uniformément peut désormais éveiller les soupçons. C’est une norme stylistique et un rapport à l’écrit entièrement nouveaux qui émergent. »

Emmanuel Françoise, le fondateur de Nation.fr, septembre 2026

Victor vous prévient

Je donne une indication, jamais une preuve : aucun outil ne peut dire à partir du seul texte si une IA l’a écrit. Abîmer exprès son propre texte n’est pas la solution. Ce qui compte, c’est un texte qui vous ressemble.

Faites lire votre texte par Victor avant de le rendre

Victor lit le style de votre texte et vous montre les passages qui sonnent artificiels.

Discuter avec Victor

Le sondage complet

Les sept questions, les chiffres par groupe et la méthode, dans un PDF

Chaque question y figure avec ses pourcentages par groupe.

Télécharger le sondage (PDF)

Comment ce sondage a été réalisé

Avant de croire un chiffre, il faut savoir qui a répondu.

Comment l’enquête a été menée

Enquête en ligne (méthode CAWI) menée du 10 au 18 septembre 2026. Elle a interrogé 4 202 personnes de 15 ans et plus, issues de l’enseignement, des études ou de la formation.

Le groupe « élèves et étudiants » compte 3 198 répondants, dont :

  • 671 lycéens
  • 812 en licence, BTS ou BUT
  • 585 en master
  • 216 en doctorat
  • 914 en alternance ou en formation professionnelle

Le groupe « enseignants et formateurs » compte 1 004 répondants. Dans la colonne « Ensemble », les deux groupes comptent autant l’un que l’autre.

Les répondants viennent du panel BuzzPress France (27 700 personnes), complété par des invitations par e-mail et des sollicitations sur Facebook et LinkedIn. Quotas, puis redressement selon plusieurs critères, notamment le sexe, l’âge, la région et le statut.

Il ne s’agit pas d’un échantillon tiré au hasard : les chiffres sont des indicateurs de pratiques et de perceptions des personnes interrogées. Pour les questions à réponses multiples, le total peut dépasser 100 %.

Cet été, nous avons publié un sondage sur l’IA et la séduction. Au printemps, notre étude nationale portait déjà sur ce que les Français confient à l’IA.

Questions fréquentes

Qui a été interrogé, et quand ?

Des élèves, étudiants, enseignants et formateurs de 15 ans et plus. Ils ont été 4 202, interrogés en ligne en septembre 2026.

Un détecteur peut-il prouver qu’un texte a été écrit par une IA ?

Non. Un détecteur donne une indication, jamais une preuve.

Peut-on reprendre ces chiffres ?

Oui, avec la mention « Sondage Nation.fr, septembre 2026 » et un lien vers cette page.

Où trouver le sondage complet ?

Dans le PDF proposé plus haut, avec les sept questions et la méthode.

Un texte à écrire ou à relire ?

Alex peut écrire, reformuler ou relire un texte avec vous, à partir de vos propres mots.

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