Ce qu’il faut retenir
Redessiner son jardin avec une IA est gratuit, mais le rendu gratuit est petit, filigrané et muet sur les végétaux. Nous avons ouvert une par une, le 12 août 2026, les pages des douze services qui occupent la première page de Google sur cette requête.
Luw.ai, premier résultat organique, donne « 2 crédits chaque jour » en gratuit, dans une « Résolution 512×512 », avec « Sortie avec filigrane ». La licence commerciale commence à 19 $ par mois.
Neighborbrite range l’identification des végétaux dans son offre payante : « Select plants in a photo and get their names » porte l’étiquette Pro, comme la bibliothèque de « 5,000+ plants ».
iScape réserve au plan à 29,99 $ par mois la fonction « Upload your own images » : son offre gratuite ne permet donc pas de partir de la photo de votre jardin.
Kozikaza, que l’aperçu IA de Google cite encore comme solution gratuite, n’existe plus à cette adresse : le domaine entier répond en redirection permanente vers une page de Leroy Merlin.
Vous avez une photo de votre jardin, une idée vague de ce que vous voulez en faire, et aucune envie de payer un bureau d’études avant même de savoir ce qui vous plaît. La promesse de l’IA tombe à pic, et la première page de Google déborde de services qui affichent le mot « gratuit » dans leur titre. Nous les avons ouverts un par un et relevé, ligne par ligne, ce que chaque grille tarifaire autorise réellement. La conclusion tient en une phrase : le gratuit existe, il donne une image d’ambiance, et il s’arrête précisément là où commence un projet de jardin.
- Ce que le gratuit donne, service par service
- Les quatre outils que l’IA de Google recommande
- Une image n’est pas une liste de végétaux
- La photo de départ décide de tout
- Composez la consigne de votre jardin
- Ce que le rendu ignore : les distances et les formalités
- Où finit la photo de votre maison
- Questions fréquentes
Ce que le gratuit donne, service par service
La requête « ia aménagement jardin gratuit » rend environ 4 210 résultats, et la première page ne contient presque que des pages d’atterrissage d’outils : deux générateurs web en tête, deux fiches d’application mobile, un article de presse régionale, deux fils Reddit, et une longue file de services qui promettent tous la même chose. Aucun ne ment vraiment. Simplement, le mot « gratuit » recouvre chez eux cinq choses différentes.
Un service peut vous laisser fabriquer l’image sans payer mais marquer le résultat. Il peut vous donner un petit stock de crédits qui ne se renouvelle jamais. Il peut vous en donner chaque jour, mais sans report. Il peut tout autoriser sauf l’usage commercial. Et il peut, cas le plus radical, réserver au payant l’import de votre propre photo, ce qui vide la promesse de son sens.
Le relevé complet
Chaque ligne vient de la page tarifaire ou de la fiche publique du service, ouverte en français quand une version française existe, le 12 août 2026. Les guillemets reprennent les libellés affichés, sans reformulation.
| Service | Rang | Ce que donne le gratuit | Le mur |
|---|---|---|---|
| Luw.ai | 1er organique | « 2 crédits chaque jour », non reportés, sans carte bancaire | « Résolution 512×512 », « Sortie avec filigrane », licence commerciale à 19 $ par mois |
| Ideal House | 2e | « 20 crédits de départ » puis « 10 crédits de prévisualisation quotidiens » | « Les images incluent un filigrane, usage personnel uniquement » ; droits commerciaux au plan à 39 $ par mois |
| Garden AI (Android) | 3e | Installation gratuite, « Achats via l’appli » | Aucun quota publié sur la fiche ; la carte « Sécurité des données » annonce un partage de « Photos et vidéos » avec des tiers |
| Fotor | 9e | « Crédits gratuits limités », sans aucun chiffre | « Exportations JPG, PNG et PDF avec filigrane », « Stockage des créations (30 jours) » |
| Easy-Peasy.ai | 15e | « 1 image credit », sans carte bancaire | « Generated images are public » : les rendus du plan gratuit sont publics |
| Homiwork | 16e | « Les nouveaux utilisateurs reçoivent des crédits de démarrage », non chiffrés | Page tarifaire en 404 ; avertissement « nous supprimons automatiquement les anciens contenus » |
| YouCam | 18e | « Inscrivez-vous dès maintenant pour obtenir 5 crédits », d’après son tableau comparatif | « Enregistrer l’image avec filigrane » ; « Utilisation commerciale autorisée » seulement au plan Pro à 5,58 € par mois |
| ReimagineHome | cité par l’aperçu IA | « All new users get 5 free designs », sans carte | Aucune autre offre à 0 € : le premier plan est à 19 $ par mois pour 30 crédits, soit 0,63 $ le crédit |
| iScape | cité par l’aperçu IA | « Free to Download & Trial (Note: Limited Features) », « 2D & 3D design (iOS only) » | « Reduced access to plants, hardscapes & products », et surtout « Upload your own images » réservé au plan à 29,99 $ par mois |
| Neighborbrite | cité par l’aperçu IA | Un seul outil libre, « Choose a style », « Guided plan from a ready-made look » | Six fonctions étiquetées Pro ou Business, dont « Identify plants » ; aucune grille tarifaire publique |
| Kozikaza | cité par l’aperçu IA | Rien : le domaine ne sert plus l’outil | kozikaza.com répond en redirection permanente vers une page de plan 3D de Leroy Merlin |
| Planner 5D | source de l’aperçu IA | Offre gratuite réellement large : « Nombre illimité de projets », catalogue de « plus de 10 000 meubles » | Le « Générateur de design par IA » est au plan Premium, à 4,99 € par mois facturés à l’année |



Pourquoi 512 pixels change tout dans un jardin Une image de 512 pixels de côté, c’est à peu près la taille d’une vignette. Sur un portrait, elle suffit à juger une ambiance. Sur un jardin, elle interdit de distinguer un feuillage d’un autre, de compter des dalles ou de montrer quoi que ce soit à un artisan. Le rendu gratuit sert à trancher entre deux directions, pas à décider.
Les quatre outils que l’IA de Google recommande
Sur cette requête, Google affiche un panneau d’aperçu généré par IA avant les résultats classiques. Il cite quatre marques que l’on ne retrouve pas dans le haut du classement organique français : ReImagine Home, iScape, Neighborbrite et Kozikaza. Nous les avons ouvertes toutes les quatre. Trois surprises en sont sorties.
La première tient au format même de ces offres. ReimagineHome annonce « All new users get 5 free designs » et n’a aucun autre plan à 0 € : le premier abonnement est à 19 $ par mois pour 30 crédits, soit 0,63 $ le crédit, un prix unitaire que l’éditeur publie lui-même. Le site est par ailleurs entièrement en anglais, y compris depuis un navigateur réglé en français.

Kozikaza a quitté l’adresse
Kozikaza était le logiciel de plan 3D gratuit le plus connu du public français, et « Kozikaza jardin gratuit » figure encore dans les recherches associées affichées par Google au bas de la page. Le 12 août 2026, une simple requête sur l’adresse suffit à constater le changement : kozikaza.com renvoie un code 301, redirection permanente, vers leroymerlin.fr/outils-projet/maison/creez-votre-plan-maison-3d.html. Ce n’est pas une page qui a bougé, c’est le domaine entier qui pointe ailleurs, y compris ses pages internes. Conseiller Kozikaza aujourd’hui revient donc à envoyer le lecteur sur l’outil de plan 3D d’une enseigne de bricolage, qui n’est pas le même produit. Le site de Leroy Merlin refuse le rendu automatisé, nous n’avons donc pas pu en capturer la page.
iScape ne laisse pas importer votre photo en gratuit
Le cas iScape est le plus contre-intuitif du panel. L’application se présente en « #1 Landscape Design App » et revendique près de quatre millions d’utilisateurs. Sa grille est limpide et elle dit exactement le contraire de ce qu’on attend d’un outil de jardin gratuit. La colonne FREE annonce « 2D & 3D design (iOS only) », « Limited access to database & features » et « Reduced access to plants, hardscapes & products ». La ligne « Upload your own images » n’apparaît qu’à partir du plan PRO à 29,99 $ par mois, soit 299,99 $ à l’année.
Autrement dit : le service que l’IA de Google recommande à un lecteur qui veut redessiner son jardin à partir d’une photo ne permet pas, en gratuit, d’utiliser une photo. Et il faut un iPhone ou un iPad pour la partie 3D.

Neighborbrite vend l’étiquetage des plantes
Neighborbrite est le plus transparent des trois, et c’est ce qui le rend intéressant. Sa page d’accueil affiche une boîte à outils où chaque fonction porte son étiquette de plan. Sont marquées Pro : « Describe your dream yard », « Magic edit », « Erase elements », « Add elements » qui donne accès à « 5,000+ plants », et surtout « Identify plants », décrit comme « Select plants in a photo and get their names ». Sont marquées Business : « High resolution » et « Auto enhance ». Reste libre une seule entrée : « Choose a style », un plan guidé à partir d’un look préétabli.
Nommer les végétaux qu’on vous a dessinés est donc, chez le seul acteur du panel qui propose explicitement la fonction, une ligne payante. Le service ne publie d’ailleurs aucune grille : l’adresse /pricing rend une 404 et la page tarifaire de l’application redirige vers un écran de connexion, ce qui interdit tout relevé sans créer de compte. Nous n’en avons donc pas créé, et nous ne publions pas de prix pour ce service.

Planner 5D, le cas inverse
Le quatrième nom cité par le panneau est aussi le plus honnête, et il illustre l’autre façon de facturer. Planner 5D offre une base réellement large : « Nombre illimité de projets », « Accès à la liste complète du catalogue de plus de 10 000 meubles premium », « Rendus standards », et même un widget de budget. Mais la ligne « Générateur de design par IA pour créer automatiquement des designs » figure dans la colonne Premium, à 4,99 € par mois facturés à l’année. Le plan gratuit sert donc à dessiner soi-même, pas à faire dessiner l’IA.

Une image n’est pas une liste de végétaux
C’est la différence de fond entre un jardin et un salon, et c’est ce que ces outils escamotent tous. Quand une IA relooke votre séjour, elle vous montre un canapé : vous pouvez chercher un canapé qui y ressemble, et il tiendra dans la pièce. Quand elle relooke votre jardin, elle vous montre une masse verte. Rien ne dit s’il s’agit d’un arbuste persistant ou caduc, s’il atteindra 80 cm ou 4 mètres, s’il supporte le calcaire, le gel ou l’ombre, et surtout s’il est encore vivant dans trois ans chez vous.

Trois services du panel promettent pourtant explicitement de tenir compte du climat. Luw.ai écrit sur sa page produit qu’il donne « des recommandations personnalisées de plantes, une planification saisonnière et de belles visualisations de jardin optimisées pour votre zone climatique ». La fiche Play Store de Garden AI promet « des suggestions adaptées à votre climat et votre sol ». Ideal House avance que « l’IA peut suggérer des plantes indigènes robustes ». Aucun des trois n’indique sur quelle donnée il s’appuie : ni zone, ni station météo, ni référentiel botanique, ni même une question posée à l’utilisateur sur sa région. Ce sont des arguments de page d’accueil, et nous ne les avons pas mis à l’épreuve, faute de pouvoir tester ces services sans créer de compte.

Deux services seulement ont une vraie bibliothèque végétale identifiée dans leur offre : iScape, qui parle d’un accès à « Thousands of plants », et Neighborbrite, avec ses « 5,000+ plants ». Les deux la réservent au payant. Sur les douze services relevés, aucun ne publie de liste d’espèces dans son offre gratuite.
Le réflexe qui change le résultat Demandez la liste en même temps que l’image, et demandez-la en toutes lettres. Un modèle conversationnel qui accepte une photo peut vous rendre le rendu et la nomenclature de ce qu’il a dessiné, avec la hauteur adulte et l’exposition de chaque sujet. C’est exactement ce que fait la dernière phrase de la consigne que compose l’outil plus bas dans cette page.
La photo de départ décide de tout
Sur ce type d’outil, la qualité du rendu tient beaucoup plus à la photo qu’au service choisi. Un jardin photographié à contre-jour, en portrait, depuis le pas de la porte, ne donnera rien de bon nulle part. Cinq minutes de préparation valent mieux que trois services essayés à la suite.
- Photographiez par temps couvert. Un ciel voilé supprime les ombres dures et les zones brûlées. Le plein soleil de midi est le pire moment.
- Cadrez en paysage, à hauteur d’yeux, en reculant au maximum. Le rendu ne peut réaménager que ce qu’il voit. Si la clôture du fond est hors champ, elle sera inventée.
- Faites entrer un repère d’échelle. Une porte, une marche, une table de jardin : ce sont les seuls éléments qui permettent au modèle, et à vous, d’estimer les distances.
- Prenez la même vue deux fois, une fois telle quelle, une fois débarrassée du mobilier et des objets qui traînent. La seconde donne presque toujours un meilleur rendu.
- Gardez l’original en pleine résolution. Vous en aurez besoin pour le devis, et pour comparer honnêtement l’avant et l’après.
Le reste se joue dans la consigne. Un générateur d’images obéit à ce qu’on lui décrit : si vous ne dites pas de conserver le mur mitoyen, il le remplacera par une haie ; si vous ne parlez pas d’exposition, il plantera un massif de plein soleil dans un coin qui ne voit jamais le jour. C’est le sens de l’outil ci-dessous. Pour les principes généraux de rédaction d’une consigne d’image, notre guide des prompts image détaille la méthode complète.
Composez la consigne de votre jardin
Quatre choix, une consigne prête à coller dans n’importe quel générateur qui accepte une photo, et le point de vigilance qui correspond à votre type d’espace. Rien n’est envoyé nulle part : l’outil assemble simplement des formulations que vous pouvez aussi recopier à la main dans le tableau qui suit.
Le composeur de consigne de jardin
Quatre choix, une consigne prête à coller, avec la phrase qui oblige l’IA à nommer les végétaux qu’elle dessine.
Votre consigne
Voici la photo de mon jardin. Garde le cadrage, le bâti et les limites du terrain, et propose un aménagement réaliste. Redessine ce petit jardin de ville d’environ 40 m² en conservant les murs, la clôture et la façade existants. L’espace reçoit le soleil une grande partie de la journée : propose des végétaux qui supportent la chaleur et prévois une zone d’ombre pour s’asseoir. Style naturel et champêtre : massifs libres, graminées, vivaces mellifères, bordures souples. Contrainte : le moins d’entretien possible, pas de taille fréquente, paillage sur tous les massifs. Rends une image photographique nette, prise à hauteur d’yeux, en pleine lumière du jour. Puis, sous l’image, liste les végétaux que tu as dessinés avec leur nom courant et leur nom latin, leur hauteur adulte et leur exposition, et signale ceux qui ne conviendraient pas à ma région.
À vérifier avant de creuser
La haie que le rendu plaque contre la limite : au-dessus de deux mètres de haut, elle doit être plantée à deux mètres de la ligne séparative.
Collez-la dans un générateur qui accepte une photo. Nation AI modifie l’image que vous envoyez au lieu d’en inventer une autre.
La bibliothèque de formulations
Voici les dix-neuf fragments que l’outil assemble. Chacun est une phrase complète, à l’impératif, dans la forme qui donne les résultats les plus stables. Ils se réutilisent tels quels, y compris sans passer par l’outil.
| Réglage | Choix | La formulation que l’outil insère |
|---|---|---|
| Espace | Petit jardin de ville | Redessine ce petit jardin de ville d’environ 40 m² en conservant les murs, la clôture et la façade existants. |
| Espace | Grand jardin | Redessine ce grand jardin en conservant la maison, les arbres adultes et le relief du terrain. |
| Espace | Terrasse ou balcon | Réaménage cette terrasse en conservant le garde-corps, le sol et la façade. |
| Espace | Devant de maison | Réaménage cette entrée de maison en conservant la façade, le portail, l’accès carrossable et le cheminement vers la porte. |
| Espace | Potager | Organise cet espace en potager, avec des carrés surélevés, des allées praticables par temps humide et un point d’eau. |
| Espace | Tour de piscine | Réaménage les abords de ce bassin en conservant sa forme et son emplacement, avec une plage antidérapante et une circulation dégagée. |
| Exposition | Plein soleil | L’espace reçoit le soleil une grande partie de la journée : propose des végétaux qui supportent la chaleur et prévois une zone d’ombre pour s’asseoir. |
| Exposition | Mi-ombre | L’espace est à mi-ombre, ensoleillé quelques heures par jour seulement. |
| Exposition | Ombre | L’espace reste à l’ombre presque toute la journée : propose des végétaux d’ombre et évite le gazon classique. |
| Exposition | Vent ou bord de mer | L’espace est très exposé au vent : prévois un brise-vent végétal et des plantations basses et souples. |
| Style | Naturel et champêtre | Style naturel et champêtre : massifs libres, graminées, vivaces mellifères, bordures souples. |
| Style | Contemporain épuré | Style contemporain épuré : lignes droites, végétaux taillés, matériaux minéraux clairs, palette sobre. |
| Style | Méditerranéen | Style méditerranéen : gravier clair, feuillages gris et argentés, silhouettes graphiques, très peu de gazon. |
| Style | Japonais et zen | Style japonais et zen : minéral dominant, mousses, érables, cheminement en pas japonais, composition asymétrique. |
| Style | Familial | Style familial : grande zone de pelouse dégagée, coin repas ombragé, rangement fermé, circulation simple. |
| Contrainte | Le moins d’entretien | Contrainte : le moins d’entretien possible, pas de taille fréquente, paillage sur tous les massifs. |
| Contrainte | Petit budget | Contrainte : petit budget, garde le terrassement existant et privilégie les jeunes sujets et les matériaux courants. |
| Contrainte | Enfants et animaux | Contrainte : enfants et animaux, aucune plante toxique ni épineuse, sol souple sur la zone de jeu. |
| Contrainte | Économie d’eau | Contrainte : économie d’eau, végétaux résistants à la sécheresse, arrosage regroupé et aucune grande surface de gazon. |
Les points de vigilance, par type d’espace
Le second champ de l’outil ne sort pas de nulle part : il reprend la ligne correspondante de ce tableau. Ce sont les six vérifications qui coûtent le plus cher quand on les découvre après les travaux.
| Espace | Ce qu’il faut vérifier avant de creuser |
|---|---|
| Petit jardin de ville | La haie que le rendu plaque contre la limite : au-dessus de deux mètres de haut, elle doit être plantée à deux mètres de la ligne séparative. |
| Grand jardin | Les arbres ajoutés près d’une limite, et l’ombre qu’ils porteront chez le voisin dans dix ans, que le rendu ne montre jamais. |
| Terrasse ou balcon | Une terrasse de plain-pied ne demande aucune formalité, mais une terrasse surélevée et une pergola fermée changent de régime. |
| Devant de maison | Tout ce qui se voit de la rue relève du PLU de votre commune : hauteur de clôture, portail, matériau de l’allée. |
| Potager | L’ensoleillement réel et l’accès à l’eau : un potager dessiné sur une zone d’ombre reste joli et ne produit rien. |
| Tour de piscine | Un bassin de plus de dix mètres carrés demande une déclaration préalable, et un abri de jardin de plus de cinq mètres carrés aussi. |
Ce que le rendu ignore : les distances et les formalités
Aucun des douze services relevés ne mentionne le droit. C’est normal, ce ne sont pas des bureaux d’études. C’est aussi le trou le plus coûteux de tout l’exercice, parce qu’un rendu d’IA plante volontiers une haie contre la limite de propriété et pose une piscine là où il reste de la place. Voici le socle, qui vaut partout en France, sauf règles locales plus strictes.

Les distances de plantation
L’article 671 du code civil fixe la règle par défaut. Il n’est permis d’avoir des arbres, arbrisseaux et arbustes près de la limite du voisin qu’à la distance prescrite par les règlements particuliers ou les usages constants et reconnus, et à défaut « à la distance de deux mètres de la ligne séparative des deux héritages pour les plantations dont la hauteur dépasse deux mètres, et à la distance d’un demi-mètre pour les autres plantations ». Deux mètres au-dessus de deux mètres de haut, cinquante centimètres en dessous : c’est tout le principe.
L’article 672 précise la sanction, et elle est réelle : le voisin peut exiger que les arbres, arbrisseaux et arbustes plantés trop près « soient arrachés ou réduits à la hauteur déterminée dans l’article précédent », sauf titre, destination du père de famille ou prescription trentenaire. L’article 673 lui permet par ailleurs de vous contraindre à couper les branches qui avancent chez lui. Un rendu qui vous montre une belle haie de 3 mètres alignée sur le grillage vous propose donc, sans le savoir, une plantation à arracher.
Les formalités d’urbanisme
Pour tout ce qui se construit, le code de l’urbanisme distingue trois régimes. Le tableau ci-dessous reprend les seuils des articles R. 421-2 et R. 421-9, dans leur version en vigueur depuis le 16 novembre 2024. Ils valent en dehors des sites patrimoniaux remarquables, des abords de monuments historiques et des sites classés, où la dispense tombe.
| Projet | Aucune formalité | Déclaration préalable |
|---|---|---|
| Abri de jardin, cabane, pool house | Emprise au sol et surface de plancher inférieures ou égales à 5 m², hauteur inférieure ou égale à 12 m | Dès que l’emprise ou la surface de plancher dépasse 5 m², jusqu’à 20 m² |
| Piscine enterrée non couverte | Bassin d’une superficie inférieure ou égale à 10 m² | Bassin jusqu’à 100 m², non couvert ou avec une couverture de moins de 1,80 m de haut |
| Mur de clôture | Hauteur inférieure à 2 m | Hauteur supérieure ou égale à 2 m |
| Terrasse | Terrasse de plain-pied | Dès qu’elle est surélevée ou couverte, selon les seuils de construction |
| Serre de jardin | Hauteur inférieure ou égale à 1,80 m | Hauteur de 1,80 m à 4 m, dans la limite de 2 000 m² au sol |
Information générale, à recouper avec votre commune Ces seuils sont ceux du code de l’urbanisme et du code civil au 12 août 2026. Le plan local d’urbanisme de votre commune, un lotissement, un règlement de copropriété ou des usages locaux reconnus peuvent imposer des règles plus strictes, notamment sur les hauteurs de clôture et les distances de plantation. Un appel au service urbanisme de la mairie coûte cinq minutes et tranche le sujet.
Où finit la photo de votre maison
Une photo de jardin n’est pas une image anodine : elle montre une façade, une clôture, parfois un numéro de rue et le mobilier de la terrasse. Quatre relevés du panel méritent d’être lus avant l’envoi.
Easy-Peasy.ai
Colonne Free de la page tarifaire
« Generated images are public »
Garden AI
Carte « Sécurité des données » de la fiche Google Play
Partage possible de « Photos et vidéos » avec des tiers, et « Impossible de supprimer les données »
Homiwork
Avertissement affiché dans l’outil
« Pour maintenir les coûts de génération bas, nous supprimons automatiquement les anciens contenus »
Fotor
Ligne du plan Basic
« Stockage des créations (30 jours) »
Les deux premiers relèvent de la confidentialité, les deux suivants de la conservation, et ce sont deux problèmes opposés. Chez Easy-Peasy et Garden AI, le risque est que l’image existe ailleurs que chez vous. Chez Homiwork et Fotor, il est qu’elle disparaisse sans prévenir : téléchargez systématiquement vos rendus, y compris filigranés, plutôt que de compter sur la galerie du service.

Cette question de l’entrée n’est pas propre au jardin : nous l’avions déjà mesurée sur l’ensemble des générateurs qui acceptent une photo dans notre article « IA générateur d’image à partir de photo ». Le réflexe reste le même : ouvrir la page de confidentialité avant d’envoyer une image de son domicile.


Ce que fait Nation AI sur ce sujet
Notre générateur d’images accepte un fichier en entrée : l’interface propose explicitement d’« éditer ou modifier une photo ou image que vous avez déjà en sélectionnant votre fichier », ce qui est exactement le geste dont ce sujet a besoin. Le menu comporte par ailleurs un assistant « Le Jardinier », utile pour la partie qu’aucun générateur d’images ne couvre : nommer les végétaux, discuter des expositions et corriger une proposition.

Redessinez votre jardin à partir de votre photo
Nation AI accepte l’image que vous envoyez et la modifie au lieu d’en inventer une autre. Collez la consigne composée ci-dessus, puis demandez la liste des végétaux dans la foulée.
Questions fréquentes
Peut-on vraiment aménager son jardin avec une IA gratuitement ?
Oui, pour obtenir une image d’ambiance. Cinq des douze services relevés chiffrent leur offre gratuite, et cela va de « 1 image credit » chez Easy-Peasy à « 2 crédits chaque jour » chez Luw.ai. En revanche, le résultat sort presque toujours filigrané, en petite résolution et sous licence personnelle. Pour un rendu propre, exploitable et réutilisable, il faut passer au payant, entre 4,99 € et 29,99 € par mois selon le service.
ChatGPT peut-il aménager mon jardin ?
Un assistant conversationnel qui accepte une image peut repeindre la photo d’un jardin, comme un générateur dédié. Il a même un avantage que les outils spécialisés n’ont pas : il rend du texte en même temps que l’image, donc il peut nommer ce qu’il a dessiné, expliquer pourquoi une plante ne convient pas à une exposition, et corriger sa proposition à la demande. C’est la raison pour laquelle la consigne composée plus haut se termine par une demande de liste. À l’inverse, il ne connaît pas les dimensions réelles de votre terrain et n’a aucune base de produits à vous vendre.
Comment aménager son jardin à partir d’une photo ?
Le principe est identique partout : vous chargez une photo, vous choisissez un style, l’outil repeint l’image en conservant plus ou moins la structure. La qualité du résultat dépend de trois choses, dans cet ordre : la photo, la consigne, le service. Prenez la vue en paysage par temps couvert, en reculant au maximum, puis dites explicitement ce qui doit être conservé. Attention, tous les services ne le permettent pas en gratuit : chez iScape, « Upload your own images » est réservé au plan payant.
Existe-t-il une IA jardin gratuite sans inscription ?
« Sans inscription » veut presque toujours dire « sans carte bancaire ». Luw.ai affiche « Sans carte » et « Inscription en 30 sec », Easy-Peasy « Aucune carte de crédit requise », ReimagineHome « No card required for free trial » : dans les trois cas, un compte reste nécessaire, seule la carte est épargnée. Un seul service du panel affirme le contraire, et il faut le citer : la FAQ d’Homiwork répond « Non. L’outil fonctionne directement dans votre navigateur, sans inscription obligatoire ni téléchargement de logiciel. » Nous n’avons pas poussé la vérification jusqu’au téléchargement du rendu, puisque cela aurait supposé de créer un compte ailleurs pour comparer.
L’IA peut-elle choisir des plantes adaptées à ma région ?
Trois services l’annoncent sur leur page d’accueil, sans jamais dire sur quelle donnée ils se fondent : ni zone climatique déclarée, ni station météo, ni référentiel botanique. Un générateur d’images, lui, ne choisit rien : il dessine ce qui ressemble statistiquement à un jardin du style demandé. Le seul moyen fiable reste de faire nommer les espèces, puis de vérifier chacune auprès d’une pépinière de votre secteur, qui connaît votre sol et vos gelées.
Le rendu IA peut-il servir de plan pour un paysagiste ?
Il sert d’intention, pas de plan. Un professionnel a besoin de cotes, de niveaux, de la nature du sol et des réseaux enterrés, dont aucun rendu ne dispose. En revanche, une image bien cadrée fait gagner beaucoup de temps à la première visite : elle dit le style, l’ambiance et l’implantation souhaitée bien mieux qu’une conversation. Un seul acteur du panel produit un vrai document de chiffrage, iScape, et son « Proposal tool » est réservé au plan Pro.
Faut-il une autorisation pour ce que l’IA dessine ?
Souvent, oui. Un abri de jardin dépasse 5 m² dès qu’il fait 2,50 m sur 2,10 m, et il passe alors en déclaration préalable. Une piscine de plus de 10 m² aussi. Un mur de clôture de 2 m également. Quant aux plantations, le code civil impose deux mètres de recul pour tout ce qui dépassera deux mètres de haut. Le rendu, lui, ne mesure rien : c’est à vous de reprendre les dimensions et de les confronter au plan local d’urbanisme de votre commune.
Quelle IA pour aménager une terrasse ou un balcon ?
Les mêmes outils traitent la terrasse et le jardin, et le résultat y est souvent meilleur : la scène est plus petite, plus fermée, donc plus facile à reconstruire fidèlement. YouCam donne des exemples de consignes très concrètes pour ce cas, comme « une petite table en bois avec des chaises » ou « un jardin d’herbes aromatiques vertical ». Sélectionnez « Terrasse ou balcon » dans l’outil de cette page : la consigne demandera de conserver le garde-corps, le sol et la façade, ce qui est exactement ce que les générateurs effacent en premier.
Kozikaza permet-il encore de dessiner son jardin gratuitement ?
Pas à son adresse historique. Le 12 août 2026, kozikaza.com répond une redirection permanente vers une page de plan 3D de Leroy Merlin, et cela vaut aussi pour ses pages internes. L’aperçu IA de Google et les recherches associées citent pourtant encore la marque. Si vous cherchez un logiciel de plan gratuit et généreux, Planner 5D reste une meilleure piste, à condition de savoir que son offre à 0 € couvre le plan et le mobilier mais pas le générateur de design par IA, facturé 4,99 € par mois.
Ce qu’il faut en garder
Le gratuit de ce marché est réel et il est utile : en deux crédits, vous saurez si vous préférez un jardin minéral ou un jardin de curé, et c’est déjà beaucoup. Il faut simplement savoir ce qu’il ne fera pas. Il ne donnera pas de nom aux plantes, ne mesurera pas votre terrain, n’ouvrira pas le plan local d’urbanisme et ne vous dira pas qu’une haie plaquée sur la limite se fait arracher. Ces quatre choses coûtent chacune plus cher qu’un abonnement mensuel.
La bonne méthode tient donc en trois temps : une photo correcte, une consigne qui verrouille l’existant et exige la nomenclature, puis une vérification des distances et des formalités avant le premier coup de bêche. Le même raisonnement s’applique à l’intérieur, où nous avons mené le relevé équivalent sur quatorze services dans « IA aménagement intérieur gratuit ». Pour aller plus loin sur la retouche de vos propres photos, notre guide « modifier une photo avec l’IA gratuitement » complète utilement celui-ci, et le générateur de prompt de Nation AI reprend la même logique de consigne pour tous les autres sujets.
Sources et méthode. Grilles tarifaires et fiches publiques des douze services, ouvertes en français quand une version française existe, le 12 août 2026 ; fiche Google Play de Garden AI ; articles 671, 672 et 673 du code civil et articles R. 421-2 et R. 421-9 du code de l’urbanisme, dans leur version en vigueur au 12 août 2026. Aucun compte n’a été créé et aucune photo n’a été envoyée à ces services : nous mesurons ce que les interfaces affichent publiquement, et nous le disons quand une information n’est pas accessible autrement.
