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Clair Obscur: Expedition 33 et l’IA : ce qui s’est vraiment passé

Il y a un jeu magnifique, un studio français qui l’a conçu, une règle de concours, deux trophées, un aveu, et une tempête. Voici tout ce qu’il faut comprendre sur la polémique de l’intelligence artificielle autour de Clair Obscur: Expedition 33, le RPG de Sandfall Interactive sacré jeu de l’année aux Game Awards 2025, puis dépossédé de deux prix aux Indie Game Awards pour usage d’IA générative.

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Ce qu’il faut retenir

Oui, le studio a utilisé de l’IA générative : Sandfall Interactive l’a confirmé lui-même aux Indie Game Awards, après avoir certifié le contraire dans son dossier de candidature.

Ce n’était presque rien à l’écran : des textures provisoires, le temps d’un patch, retirées après la sortie. D’après Les Numériques, la version alors en ligne n’en contenait plus aucune en décembre 2025.

La sanction a été immédiate : le 20 décembre 2025, les deux prix remportés le 18 décembre (jeu de l’année et meilleur premier jeu indépendant) ont été retirés et remis à Blue Prince et Sorry We’re Closed.

Les Game Awards ont maintenu : neuf trophées le 11 décembre 2025, dont celui du jeu de l’année.

Le studio promet la suite : « tout ce qui sortira de chez nous sera fait par des humains », a déclaré son directeur créatif Guillaume Broche.

Un RPG français devenu un phénomène

Développé par Sandfall Interactive, studio indépendant fondé à Montpellier par d’anciens d’Ubisoft, édité par Kepler Interactive, Clair Obscur: Expedition 33 est sorti le 24 avril 2025 sur PC, PS5, Xbox Series et même dans le Game Pass dès le premier jour. Ce RPG au tour par tour, dont l’univers mêle une Belle Époque imaginaire, une « peinture » en mouvement et une lumière presque irréelle, a été plébiscité par des millions de joueurs et par la critique. Tout le pays, puis le monde, a fait connaître le jeu de l’équipe de Montpellier.

La saison des récompenses 2025 a été sans précédent pour un jeu indépendant français : sept récompenses aux Golden Joystick Awards le 20 novembre 2025, dont celle du jeu de l’année (source : Forbes), puis triomphe aux The Game Awards 2025, le 11 décembre à Los Angeles, avec neuf trophées récoltés, dont le très convoité Jeu de l’année, plus la meilleure direction artistique, la meilleure musique et la meilleure performance de doublage. Une semaine plus tard, le 18 décembre, les Indie Game Awards lui remettent encore deux prix : jeu de l’année et meilleur premier jeu.

Et puis, très vite, le contre-coup. Le 20 décembre, l’organisation annonce que tout est repris. La cause : l’utilisation d’IA générative pendant le développement. Ce que le studio venait de reconnaître, lui-même, deux jours plus tôt.

La chronologie complète de l’affaire

Date Ce qui se passe
24 avril 2025 Sortie mondiale de Clair Obscur: Expedition 33 sur PC, PS5, Xbox Series.
30 avril 2025 Des joueurs repèrent des affiches et des textures aux défauts typiques d’images générées par IA dans la zone de départ. Un patch les remplace par des créations originales.
28 juin 2025 Dans une interview au quotidien espagnol El País, le directeur de production François Meurisse reconnaît un usage : « nous utilisons un peu d’IA, pas beaucoup ».
11 décembre 2025 Game Awards : neuf trophées pour le jeu, dont le jeu de l’année.
17 décembre 2025 Au même moment, le studio Larian (Baldur’s Gate 3) est critiqué pour son propre usage supposé de l’IA. Le journaliste Tom Henderson relève le double standard ; la comparaison étend le débat au jeu de Sandfall.
18 décembre 2025 Indie Game Awards : le jeu remporte jeu de l’année et meilleur premier jeu. Le jour même, Sandfall contacte l’organisation et reconnaît avoir utilisé des éléments artistiques générés par IA en cours de production.
20 décembre 2025 Disqualification : les deux prix sont retirés, « bien que les éléments concernés aient été retirés depuis ».
23 au 26 décembre 2025 Le directeur créatif Guillaume Broche répond aux questions des joueurs et promet : plus aucune IA générative chez Sandfall.

Aux Indie Game Awards : une règle stricte, un aveu tardif

Les Indie Game Awards, organisés par Six One Indie, arbitrent une contradiction historique : l’occasion de célébrer les jeux indépendants, et un règlement très clair. La FAQ officielle de l’événement l’énonce sans ambiguïté : « Les Indie Game Awards adoptent une position ferme concernant l’utilisation de l’IA générative tout au long du processus de nomination et lors de la cérémonie elle-même. » Dans la pratique, un jeu concerné par l’IA générative ne peut même pas être soumis.

C’est précisément ce document que Sandfall Interactive a signé. Au moment de soumettre le jeu, le studio certifie qu’aucune IA générative n’a été utilisée pendant le développement. Deux versions de la vérité s’opposent alors : celle du dossier, noire sur blanc, et celle que le studio va révéler, de lui-même, le jour même de la soirée.

« Les Indie Game Awards ont une position ferme concernant l’utilisation de l’IA générative dans le processus de création. Lors de la soumission, Sandfall Interactive a affirmé ne pas y avoir recours. Or, ils ont confirmé son usage le jour de la cérémonie. »

Communiqué de Six One Indie, organisateur des Indie Game Awards, cité par IGN France

Deux trophées sur un podium, un trophée soulevé par un crochet, porte-bloc de contrôle avec coches
Deux prix retirés, un podium recomposé : la sanction des Indie Game Awards s’applique au processus de création, pas à l’écran.

Le jury a tranché, et il reste nuancé : « Bien que les éléments visuels concernés aient depuis été retirés et qu’il s’agisse d’un excellent jeu, cette utilisation va à l’encontre du règlement en vigueur. » Deux prix retirés donc : le jeu de l’année, désormais attribué à Blue Prince, et le meilleur premier jeu, remis à Sorry We’re Closed. Le studio, lui, n’a pas contesté : il a accepté la décision, point.

Les « textures provisoires » : ce que les joueurs ont réellement vu

Quand on parle d’IA et de Clair Obscur, la question qui revient est : « mais où est l’IA dans le jeu, exactement ? » La réponse tient en une affaire de détails, et c’est toute la leçon de l’affaire.

Dans les jours qui suivent la sortie, des joueurs attentifs montrent des captures d’un élément inattendu : des affiches de la zone de départ, sur lesquelles les formes se brouillent, les lignes se mélangent, et les détails « évoluent » bizarrement. Des textures également, dont les motifs se répètent à l’identique : des murs, des rochers, des décors qui n’ont pas la personnalité artisanale du reste du jeu.

Grande loupe posée sur une affiche aux détails flous, coches colorées autour, fond crème
Dans la zone de départ de Clair Obscur: Expedition 33, des détails flous ont été repérés et signalés par les joueurs, puis retirés par patch.

Autrement dit, des défauts très typiques d’une génération par IA : formes fondues, répétitions, incohérences fines, tout à fait à côté du travail de l’équipe d’artistes.

La réaction du studio est rapide : les éléments accusés sont remplacés par des créations originales dès les premiers correctifs déployés après la sortie, une semaine à peine après le lancement du jeu. Le studio expliquera ensuite qu’il s’agissait de textures et d’illustrations de remplacement, des placeholders destinés à être refaits, et que l’erreur venait du processus de contrôle qualité : « les textures provisoires ont été retirées par patch après avoir glissé à travers le processus de validation », résume IGN à propos de la réponse du studio.

Le détail est important : ce n’est pas le jeu fini qui a été produit par l’IA. C’est un échantillon de brouillons qui a échappé aux relecteurs. Mais pour les Indie Game Awards, c’est sans appel : la règle s’applique au processus de création, pas à l’écran. Il suffit qu’une seule image ait été générée, même pour un fond de décor inachevé, même le temps d’un patch. Le studio en a fait les frais, et c’est cela qui a donné la portée de l’affaire.

La réponse du studio : « tout dans le jeu est fait à la main »

Une fois la tempête retombée, Sandfall Interactive a pris la parole. Guillaume Broche, cofondateur et directeur créatif, s’est exprimé dans une session de questions-réponses diffusée sur YouTube, organisée avec l’éditeur Kepler Interactive. Ses réponses ont fait le tour de la presse spécialisée.

« Nous avions utilisé cela à l’origine comme solution de remplacement pour des textures qui nous manquaient, puis nous l’avons retiré dès que nous nous en sommes aperçus. Mais oui, les illustrations conceptuelles, les voix, tout est fait à la main. »

Guillaume Broche, directeur créatif de Sandfall Interactive, décembre 2025, traduction libre

« Quand l’IA est apparue, en 2022, nous avions déjà commencé le jeu. C’était juste un nouvel outil ; on l’a essayé, et on ne l’a pas aimé du tout. Ça ne nous allait pas. »

Guillaume Broche, reprenant le même échange, traduction libre

Et sur la suite, la promesse est ferme : « C’est assez difficile de prédire à quoi ressemblera l’avenir, mais tout ce qui sera fait par nous sera fait par des humains. »

Il faut dire que la sortie de cette session de questions-réponses n’était pas innocente : dans l’intervalle, un autre grand studio indépendant, Larian (Baldur’s Gate 3), avait lui-même été épinglé pour des usages d’IA générative, suscitant une vague de débats sur les doubles standards des éloges et des accusations. La pression était forte, et cette réponse, sous forme d’engagement public, est venue clore le sujet.

Il y a toutefois une nuance que les lecteurs attentifs ont relevée : le 28 juin 2025, quelques mois avant l’aveu, le directeur de production François Meurisse expliquait au quotidien espagnol El País utiliser l’IA de façon ponctuelle : « Nous utilisons un peu d’IA, mais pas beaucoup. La clé, c’est que nous savions exactement ce que nous voulions faire et où investir. » Un usage « limité », donc : présent dans l’outillage de production, mais loin du résultat final. Le studio n’a jamais produit un catalogue précis de ces usages, même si, d’après Les Numériques, les joueurs ont « repéré certains éléments suspects avant leur suppression », à savoir ces fameuses textures désormais remplacées.

Le jeu contient-il encore de l’IA en 2026 ?

La réponse honnête est un constat daté, pas une garantie : d’après Les Numériques (26 décembre 2025), le studio a indiqué que la version alors disponible ne contenait plus aucun élément généré par IA. Trois faits étayent ce constat :

  • Les éléments incriminés ont été retirés par patch après la sortie, dans les tout premiers jours, et remplacés par des créations originales de l’équipe.
  • Le studio l’a déclaré le 26 décembre 2025 : selon Les Numériques, Sandfall Interactive « a précisé que la version actuelle du RPG n’a plus aucun élément généré par IA ».
  • L’équipe s’est engagée sur l’avenir : plus aucune IA générative dans les prochains jeux du studio. Un engagement, pas une garantie : ce sont les prochaines sorties qui le confirmeront.

Il faut distinguer trois réalités différentes. L’IA d’assistance (des outils qui aident à organiser, tester, traiter) n’est pas en cause. L’IA générative d’images et de textures est celle de la polémique. Et l’IA dans le jeu (l’intelligence des adversaires, la programmation des déplacements, les algorithmes de combat) n’a rien à voir : c’est de la programmation, pas de la génération. Quand on dit « le jeu utilise l’IA », il faut savoir laquelle. Dans le cas de Clair Obscur: Expedition 33 : les ennemis sont animés par des systèmes écrits par des programmeurs, la direction artistique et les voix sont humaines, et les seules images générées ont été retirées (constat de décembre 2025).

Pourquoi une affaire de quelques textures est devenue mondiale

Parce qu’aucun autre cas n’a aussi bien résumé l’état de l’industrie en 2025 : une discipline toute neuve, des règles de plus en plus strictes, et des studios qui ne savent pas toujours où ils se situent.

Les cas similaires n’ont pas manqué. Call of Duty: Black Ops 6 a dû reconnaître l’usage d’IA après qu’un zombie à six doigts est apparu sur une image de promotion. Arc Raiders, le nouveau jeu d’Embark, a été accusé d’utiliser des doublages générés ; son concurrent Call of Duty: Black Ops 7 et Battlefield 6 ont tous deux été critiqués pour des recours à des outils génératifs, comme le rappelle IGN France dans son récit de l’affaire. L’IA générative ne se limite pas aux jeux : l’affaire Tilly Norwood, l’actrice virtuelle qui n’existe pas, a montré que le même débat agite le cinéma et les plateformes. Le PDG de Nexon a fait le tour de la presse : « Toutes les entreprises du secteur utilisent désormais l’IA. » Le constat est aussi pédagogique qu’inquiétant : si tout le monde le fait, alors il faut des règles, des labels et de la transparence.

Les règles ont suivi, du moins leurs premières briques :

Dispositif Ce qu’il impose Portée
Règlement des Indie Game Awards Aucune IA générative dans le développement ni la production. La candidature est certifiée sur l’honneur. Cérémonies 2025, appliqué deux fois (retrait de deux prix à Clair Obscur).
Politique Steam (annoncée en janvier 2024) Déclaration obligatoire de l’usage d’IA sur chaque jeu. La documentation Steamworks distingue l’IA utilisée pendant la production du contenu généré livré ou produit en direct pour les joueurs. Vitrine de vente mondiale ; a directement conduit à des aveux d’éditeurs.
Label « No Gen AI » Une image libre à afficher, créée par le développeur indépendant Alex Kanaris-Sotiriou (Polygon Treehouse), pour signifier qu’un jeu n’a pas utilisé d’IA générative. Volontaire, aucun organisme ne vérifie. Il repose sur la parole du studio.
Droit d’auteur, droit du travail et représentation syndicale Les débats portent sur la propriété des créations, la nature des contrats et la place des artistes face à la génération automatique ; des syndicats de doubleurs et d’illustrateurs dénoncent le substitut de travail humain. Débat permanent dans les studios, grèves de doubleurs depuis 2024.

Le point commun : tout repose sur la parole. Le label « No Gen AI » n’est vérifié par personne ; la déclaration Steam est un simple formulaire ; le règlement des Indie Game Awards n’a de force que parce qu’un jury a décidé de l’appliquer. D’où le vrai enseignement de l’affaire Clair Obscur : la confiance est devenue la monnaie courante de cette industrie, et une seule image générée, même invisibilisée, suffit à la briser.

Le test des 6 indices : repérer l’IA dans les visuels d’un jeu

Vous vous demandez si un jeu que vous jouez contient des visuels générés par l’IA ? Personne ne peut répondre à votre place, pas même un logiciel. Mais des indices existent, et ce sont exactement ceux qu’ont utilisés les joueurs qui ont fait éclater l’affaire de Clair Obscur: Expedition 33. Le test suivant les rassemble : cochez ce que vous observez, puis évaluez.

Le test des 6 indices

Cochez chaque indice repéré dans les visuels du jeu, puis cliquez sur Évaluer la suspicion. Le test donne un niveau de suspicion, pas une preuve : comme pour Clair Obscur, seul le studio peut confirmer.






Niveau sur 4Sélectionnez au moins un indice, puis évaluez.
Niveau 1 · Aucun signal

Rien de suspect

  • Les visuels se tiennent, les détails sont cohérents, aucune texture ne jure.
  • Un seul indice isolé ne suffit pas : les jeux à gros budgets s’appuient aussi sur des tilesets et des remplissages programmés.
  • Profitez du jeu et restez attentif : le doute se vérifie surtout sur la durée.
Niveau 2 · Vigilance légère

Un ou deux détails à vérifier

  • Comparez avec d’autres zones du jeu : le même défaut revient-il au même endroit et à l’identique ?
  • Ouvrez les crédits et les fiches d’artistes : beaucoup d’équipes documentent leurs choix.
  • Un indice isolé peut venir d’une réutilisation de stock ou de technique, pas forcément de l’IA.
Niveau 3 · Forte suspicion

Plusieurs indices croisés

  • Cherchez les patchs et le journal de la communauté : quand une texture est remplacée peu après la sortie, c’est un signal fort.
  • Vérifiez les déclarations du studio, les interviews, les mentions sur la page du jeu.
  • Méfiez-vous des conclusions en une capture : ce sont les recoupements qui construisent la preuve.
Niveau 4 · Très forte suspicion

Le profil des affaires confirmées

  • Avec des détails déformés et des motifs répétés, vous êtes exactement dans le cas de Clair Obscur: Expedition 33 : affiches à l’écriture brouillée repérées puis retirées par patch.
  • Scrutinisez les correctifs du premier mois et les communiqués : l’éditeur finit presque toujours par préciser.
  • Rappelez-vous que même un indice parfait ne prouve rien : seul le studio connaît son outillage.

Le test ci-dessus résume les indices utilisés par les joueurs et les journalistes. Il ne remplace pas une vérification : les studios n’ont aucune obligation de révéler leurs outils, et un jeu parfaitement honnête peut présenter des textures réutilisées.

Ce que cela change pour les studios, les prix et les joueurs

Au-delà du sort d’un seul jeu, cette affaire pose trois questions structurelles. Sur les règles : les cérémonies de prix ont dû arbitrer, et leur jurisprudence est déjà claire : la règle s’applique au processus, pas au résultat. Un studio qui utilise l’IA générative, même pour un placeholder, même en le retirant, se met hors jeu. C’est une contrainte sérieuse pour les équipes qui, comme Sandfall à petite échelle, essaient de tenir des budgets serrés.

Sur la transparence : l’avertissement est net. Celui qui ne déclare pas son usage s’expose à la découverte par la communauté, et les joueurs sont devenus des inspecteurs attentifs : c’est en zoomant sur des images de la zone de départ de Clair Obscur que tout a commencé. Pour les textes, le même réflexe existe : le détecteur d’IA gratuit de Nation AI vous dit si un passage sent le robot. La déclaration proactive, comme le prévoit Steam, est plus simple à assumer que l’aveu contraint.

Sur les joueurs : l’affaire a surtout montré qu’une excellente direction artistique ne se répare pas par un communiqué. Le public a aimé le jeu et s’est accordé sur un point : que Sandfall ait utilisé un placeholder généré ne rend le jeu ni moins beau, ni moins humain. La nuance s’est déplacée du jugement global vers le processus de création, et c’est peut-être la vraie nouveauté de cette saison de récompenses : chacun peut désormais poser la question « comment as-tu été produit ? » sans passer pour un trouble-fête.

FAQ : vos questions sur Clair Obscur et l’IA

Clair Obscur: Expedition 33 a-t-il utilisé l’IA pour ses images ?

Oui, de façon limitée et temporaire : le studio a reconnu avoir utilisé des éléments artistiques générés par IA pendant la production, à savoir des textures et des affiches provisoires. Elles ont été retirées et remplacées par des créations originales peu après la sortie. La version actuelle n’en contient plus.

Pourquoi le jeu a-t-il perdu des prix à cause de l’IA ?

Le règlement des Indie Game Awards interdit l’IA générative « tout au long du processus de nomination et lors de la cérémonie ». Le studio avait certifié ne pas en utiliser dans son dossier de candidature, puis a confirmé le contraire le jour de la cérémonie. Les deux prix (jeu de l’année et meilleur premier jeu) ont été retirés et remis à Blue Prince et Sorry We’re Closed.

Clair Obscur: Expedition 33 a-t-il quand même gagné aux Game Awards ?

Oui. Le 11 décembre 2025, le jeu a reçu neuf trophées aux The Game Awards, dont celui de jeu de l’année. Contrairement aux Indie Game Awards, la cérémonie des Game Awards n’a pas appliqué de règle d’exclusion de l’IA générative : ses récompenses sont restées.

Que contient encore le jeu de 2026 ? Un patch a-t-il tout changé ?

Le patch qui remplaçait les textures et affiches accusées a été déployé dès les premiers jours de la sortie, fin avril 2025. En décembre 2025, le studio a précisé que la version alors disponible ne contenait plus aucun élément généré par IA et que sa direction artistique, ses voix et sa musique sont humaines : un constat daté, pas une garantie permanente.

Comment les joueurs ont-ils découvert l’IA dans le jeu ?

En inspectant les détails. Des captures de la zone de départ montraient des affiches aux formes fondues, des textes illisibles et des motifs répétés, caractéristiques d’une génération par IA. Le studio a expliqué que ces éléments étaient des placeholders ayant échappé au contrôle qualité.

Est-ce que le studio utilisera encore l’IA dans ses prochains jeux ?

Le directeur créatif Guillaume Broche s’est engagé publiquement : « tout ce qui sera fait par nous sera fait par des humains ». Le studio affirme par ailleurs avoir testé l’IA en 2022 et ne pas l’avoir retenue, la trouvant incompatible avec sa façon de créer une direction artistique.

Un label existe-t-il pour savoir qu’un jeu n’utilise pas d’IA ?

Oui : le label « No Gen AI », créé en février 2025 par le développeur indépendant Alex Kanaris-Sotiriou et son studio Polygon Treehouse. C’est une image libre à afficher par les studios, mais aucun organisme ne la vérifie : elle repose sur l’honnêteté de ses propriétaires, tout comme la déclaration obligatoire d’IA de la plateforme Steam.

En résumé : un jeu exceptionnel, une règle, et une promesse

Clair Obscur: Expedition 33 reste un RPG librement inspiré de la Belle Époque, réalisé par une équipe française qui a mis des années à le façonner, et dont la direction artistique a été saluée sur toutes les scènes importantes. L’affaire de l’IA n’enlève rien aux neuf trophées des Game Awards, ni à la qualité du jeu : elle ajoute simplement une ligne dans le livre de règles du secteur, celle qui interdit la génération automatique même dans les coulisses, et un engagement du studio pour la suite.

Si ce qui vous intrigue dans cette histoire est la possibilité même de générer des visuels, la bonne nouvelle est que l’outil est entre vos mains. Produire une image avec un prompt précis, l’inspecter à la loupe, comprendre ce qui fait qu’elle est crédible ou non : c’est exactement ce que les joueurs ont fait, et c’est le meilleur moyen de ne plus jamais se laisser surprendre par un détail qui ne va pas. Et pour explorer les usages de l’IA en France, le portail des outils IA gratuits de Nation AI rassemble les assistants qui s’utilisent sans inscription.

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